Qu'est-ce qu'un arrêt de travail ?
L'arrêt de travail (ou « avis d'arrêt de travail ») est un document prescrit par un médecin qui atteste que votre état de santé justifie une interruption temporaire de votre activité professionnelle. Il ouvre, sous conditions, le droit à des indemnités journalières versées par l'Assurance Maladie, et éventuellement à un complément de salaire selon votre situation.
Un arrêt de travail n'est pas une simple formalité administrative : c'est une décision médicale. Le médecin apprécie si votre état le justifie et en fixe la durée. Il peut tout à fait estimer qu'aucun arrêt n'est nécessaire, ou qu'un examen en présentiel s'impose avant de se prononcer. Aucun arrêt n'est donc automatique, ni « de droit » sur simple demande.
Qui peut le prescrire ? Un médecin (généraliste ou spécialiste), en cabinet comme en téléconsultation. Une sage-femme peut également prescrire un arrêt dans son champ de compétence. Le prescripteur transmet ensuite l'arrêt selon un circuit sécurisé, décrit plus bas.
Peut-on obtenir un arrêt de travail en téléconsultation ?
Oui. Un médecin peut prescrire un arrêt de travail au cours d'une téléconsultation s'il le juge médicalement justifié, exactement comme lors d'une consultation en présentiel. La décision relève de son seul jugement : la téléconsultation n'est pas un moyen d'obtenir un arrêt « à la demande ».
Il existe toutefois une règle spécifique à la téléconsultation, destinée à sécuriser le dispositif, que détaille la section suivante.
Durée : la limite de 3 jours en téléconsultation
Lorsqu'un arrêt de travail est prescrit ou renouvelé au cours d'une téléconsultation, sa durée ne peut en principe pas dépasser 3 jours. Au-delà de cette durée, l'arrêt n'est pas indemnisé par l'Assurance Maladie, sauf exceptions.
Cette limite de 3 jours ne s'applique pas dans les cas suivants :
- l'arrêt est prescrit par votre médecin traitant (ou son remplaçant) ;
- l'arrêt est prescrit par votre sage-femme référente ;
- pour une prolongation, vous justifiez de l'impossibilité de consulter un professionnel de santé en présentiel.
Autrement dit, lorsque la téléconsultation est réalisée par le médecin qui vous suit habituellement, la limite ne joue pas, car son suivi lui permet d'apprécier la durée nécessaire. En revanche, un arrêt initial obtenu auprès d'un médecin qui ne vous suit pas est encadré par ce plafond de 3 jours.
À retenir. Un arrêt de plus de 3 jours prescrit en téléconsultation par un médecin qui n'est pas votre médecin traitant risque de ne pas être indemnisé par l'Assurance Maladie. Si votre situation nécessite un arrêt plus long, orientez-vous vers votre médecin traitant ou une consultation en présentiel. Les conditions exactes sont précisées sur ameli.fr.
Le formulaire Cerfa sécurisé et la transmission de l'arrêt
Dans la grande majorité des cas, l'arrêt est télétransmis directement par le médecin à l'Assurance Maladie, par voie dématérialisée. C'est le circuit normal et le plus sûr : les volets destinés à votre caisse partent automatiquement, sans démarche de votre part vers la CPAM.
Lorsque la télétransmission n'est pas possible (par exemple lors d'une consultation à domicile), l'arrêt est établi sur papier. Depuis 2025, ce document doit obligatoirement être un formulaire Cerfa sécurisé, doté de plusieurs éléments d'authentification qui le rendent difficile à falsifier. Cette mesure vise à lutter contre la fraude aux faux arrêts de travail.
Attention aux faux « arrêts en ligne ». Depuis le 1er septembre 2025, un arrêt transmis sur un ancien formulaire non sécurisé est rejeté par l'Assurance Maladie. Les documents simplement imprimés, scannés ou photocopiés hors circuit sécurisé ne sont pas acceptés et sont considérés comme des faux. Un arrêt issu d'une téléconsultation sérieuse suit toujours le circuit officiel (télétransmission dématérialisée ou Cerfa sécurisé) — méfiez-vous des services qui promettent un simple PDF à imprimer.
Vos démarches : délais de transmission et jours de carence
Le délai de 48 heures
Le médecin télétransmet généralement les volets destinés à l'Assurance Maladie. De votre côté, si vous êtes salarié, vous devez adresser à votre employeur le volet qui lui est destiné dans un délai de 48 heures suivant la date de l'arrêt. Un envoi tardif, surtout s'il se répète, peut entraîner une réduction de vos indemnités journalières.
Le délai de carence
Dans le secteur privé, un délai de carence de 3 jours s'applique en général au début de l'arrêt : aucune indemnité journalière n'est versée pour ces trois premiers jours. Des exceptions existent, notamment en cas d'affection de longue durée (ALD) ou de prolongation faisant suite à une reprise très courte. Les règles diffèrent selon votre statut (salarié, agent public, travailleur indépendant) et, le cas échéant, selon votre convention collective, qui peut prévoir un maintien de salaire.
À distinguer. Les indemnités journalières décrites ici relèvent du régime de l'Assurance Maladie : c'est la prise en charge de la démarche d'arrêt de travail, sous conditions. Elle est indépendante du service par lequel vous avez consulté. Un service privé de téléconsultation facture son acte à part et n'est pas « remboursé par la Sécu » au titre de l'arrêt : ce sont deux choses séparées.
Ce que le médecin peut, et ne peut pas, garantir
Comme toute consultation, une téléconsultation aboutit à une décision médicale, pas à une prestation garantie. Le médecin reste seul juge de l'opportunité d'un arrêt de travail et de sa durée. Il peut estimer qu'un arrêt n'est pas justifié, ou qu'un examen en cabinet est nécessaire avant de se prononcer. C'est précisément cette évaluation qui fait la valeur — et la sécurité — de l'acte.
Besoin d'un avis médical à distance ? En téléconsultation vidéo, un médecin peut évaluer votre situation et, s'il l'estime justifié, prescrire un arrêt de travail.
Consulter un médecin par vidéo →Service de téléconsultation partenaire tiers (offre privée, paiement direct, hors parcours de soins de l'Assurance Maladie). Le médecin évalue la situation et reste seul juge : il peut refuser de prescrire, et aucun arrêt n'est automatique. Prescrit par un médecin qui n'est pas votre médecin traitant, un arrêt initial en téléconsultation est en principe limité à 3 jours. En cas de refus, aucun montant n'est débité.Pour comprendre plus largement le déroulé, le remboursement et les limites d'une consultation à distance, consultez notre guide dédié à la téléconsultation en France.
Cadre et textes de référence
Les règles applicables à l'arrêt de travail relèvent principalement du Code de la sécurité sociale et des textes pris pour son application. Plusieurs évolutions récentes en encadrent la prescription et la transmission :
- la limite de 3 jours pour un arrêt prescrit ou renouvelé en téléconsultation hors médecin traitant ou sage-femme référente ;
- l'obligation, depuis 2025, d'utiliser un formulaire Cerfa sécurisé lorsque l'arrêt est établi sur papier, dans le cadre de la lutte contre la fraude ;
- les conditions d'ouverture des indemnités journalières (délai de transmission, délai de carence, durée d'activité minimale), qui dépendent de votre statut.
Ces règles peuvent évoluer, y compris sur les durées et les montants. En cas de doute sur vos droits ou sur l'indemnisation, la source de référence reste l'Assurance Maladie (ameli.fr) ou votre caisse.